Publié le 11 novembre 2026 – Mis à jour le 16 octobre 2026
le 11 novembre 2026

De la croix à la bannière, quelle place pour l'enseignement religieux en France ?

Au tournant du 20e siècle, l’école occupe une place centrale dans le projet politique de la Troisième République. Au-delà de sa mission d’instruction, elle participe à la formation du citoyen et à la diffusion des valeurs républicaines au sein de la société française. Dans ce contexte, la place de l’enseignement privé, majoritairement confessionnel, constitue un enjeu majeur, au croisement des questions éducatives, politiques et religieuses.


De 1904 à 1939, les relations entre l’État et les congrégations religieuses s’inscrivent dans un contexte de tensions autour de la laïcisation de l’enseignement, mais aussi de transformations politiques et sociales. Antoine Maras (M2 Histoire, Construction des sociétés contemporaines) interroge dans son mémoire les modalités de mise en œuvre du projet républicain, ainsi que les adaptations dont il a fait l’objet à cette période face à la persistance d’un enseignement confessionnel.

Comment l’État entend-il organiser l’enseignement tout en affirmant les principes républicains ? Comment la place de l’enseignement confessionnel évolue-t-elle dans la construction du système éducatif français ? Quel rôle les transformations politiques et les deux guerres mondiales jouent-elles dans l’évolution des relations entre l’État et les congrégations religieuses 

À la croisée de l’histoire de l’éducation et de l’histoire du droit, ce travail interroge les relations entre les ambitions politiques de la République et leur mise en œuvre concrète. Pour ce faire, Antoine Maras s’appuie sur le dépouillement de décisions du Conseil d’État et de la Cour de cassation, d’archives préfectorales, de dossiers d’inspection académique ainsi que d’archives lasalliennes*. Le croisement de ces sources lui permet d’examiner les pratiques administratives, les interprétations juridiques et les expériences des différents acteurs de l’enseignement et des pouvoirs publics, afin de mieux comprendre comment les politiques républicaines se sont traduites et adaptées sur le terrain.

Si en 1959 la la loi Debré** témoigne d’une évolution des rapports entre l’État et l’enseignement confessionnel, elle n’efface pas pour autant les tensions qui les ont historiquement traversés. En effet, elle invite à s’interroger sur la manière dont la République a progressivement aménagé la place de l’enseignement privé au sein de son système éducatif, ainsi que sur les ajustements que cette coexistence implique pour certains de ses principes fondateurs, notamment la laïcité et la neutralité du service public.

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*archives de la congrégation des Frères des Écoles chrétiennes relatives à leurs activités en France
**La loi Debré instaure un cadre juridique permettant aux établissements privés sous contrat de conserver leur caractère propre. Les établissements sous contrat sont soumis à des engagements envers l'État (et réciproquement), mais conservent une certaine autonomie morale qui leur permet d’afficher une identité confessionnelle.

Crédit : Annie Spratt, 2026, Unsplash

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