Publié le 24 septembre 2026 Mis à jour le 10 septembre 2026
le 24 septembre 2026

L'Angola et le Brésil, c'est un peu comme deux rives d’un même océan : proches, liées par une histoire longue, mais traversées de courants différents, qui se répondent sans toujours se comprendre.


C’est cette relation complexe que Samille Viana Possidonio Vial (M2 Histoire, H2M) a choisi d’explorer dans son mémoire.

Alors que l’"Année de l’Afrique" bouleverse les équilibres mondiaux et que l’Angola s’embrase en 1961, deux photomagazines brésiliens, O Cruzeiro et Manchete, façonnent, semaine après semaine, une image de l’Angola qui en dit autant sur le pays qu’elle révèle les tensions de la diplomatie brésilienne.

À travers 72 sources mêlant textes, photographies, cartes et lettres de lecteurs, Samille nous plonge dans la fabrique médiatique d’un imaginaire colonial nourri par le lusotropicalisme, doctrine qui présente la colonisation portugaise comme plus "douce et harmonieuse" que les autres.
En étudiant ces représentations, l’autrice met en lumière les liens complexes entre Brésil, Portugal salazariste et Angola en lutte, dans un contexte marqué par la censure, les ambitions diplomatiques de Juscelino Kubitschek et les héritages coloniaux partagés.
Son enquête croise histoire des représentations, histoire politique, analyse iconographique et réception publique, tout en s’inscrivant dans l’historiographie noire‑atlantique, qui invite à penser l’Afrique au‑delà de ses frontières géographiques.

Ce mémoire dévoile ainsi comment, bien avant la reconnaissance officielle de l’indépendance angolaise par le Brésil en 1975, les magazines brésiliens ont contribué à construire, ou à déformer, l’image d’un pays en marche vers la liberté.

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Crédit : Kendrick Muanza Jr., 2021, Pexels

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